© 2019 by Thierry Sebban. 

Note d'intention

 

« Le bonheur c'est l'amour, rien d'autre. 

Qui peut aimer est heureux. » 

H. Hesse

 

 

Au-delà de l’A… est tout d’abord et avant tout une comédie familiale écrite pour une famille et interprétée par « ma » famille. Une mise en abîme conceptuelle sur le thème du bonheur.

 

Dés le Ier siècle après J.-C., Sénèque écrit: «Tous les hommes recherchent le bonheur.»

 

Mais, qu’est-ce que le bonheur? Le bonheur est un état de satisfaction complète, caractérisé par sa stabilité et sa durabilité. Universellement recherché, on le présente souvent comme le but le plus élevé de l’existence celui que tout homme cherche à atteindre, consciemment ou non. 

L'époque contemporaine qui a modifié le sens de cette définition, se caractérise par la recherche immédiate et permanente du bonheur, par le bien-être qui pousse parfois les gens dans le malheur. Aussi le simple fait, pour certains, d’entendre le bonheur des autres peut s’avérer insupportable.

 

Alors dans ces conditions comment « Être heureux parmi les malheureux ». (Spinoza) ? 

 

J’ai voulu avec Au-delà de l’A… explorer cette notion. « Elle » et « Il » sont tour à tour amants d’une nuit dont l’un espère recomposer une famille, ou parents bourgeois au bord de la crise dont le père s’apprête à quitter le foyer pour un avenir plus heureux. Deux histoires qui convergent lentement vers une troisième dont chacun des personnages ignorent ce que l’autre est prêt à inventer prenant à témoin le spectateur.

Alors « Il », « Elle » et leur deux adolescentes sont-ils vraiment ceux qu’ils sont? Jouent-ils un jeu bien rodé ou au contraire improvisent-ils? Jouent-ils à jouer? Qu’est-ce qui est vrai? Qu’est-ce qui est faux?

 

Au-delà de l’A… ne prétend pas apporter de réponses tangibles mais explore au travers de 4 personnages d’une même famille la complexité de vivre le bonheur… « Le bonheur n’est pas gai » (M. Ophüls)

 

Aussi, il me semble important que l’espace scénique soit très épuré afin de laisser toute la place au jeu, aux rapports, à l’humain... Juste quelques éléments de décor mobiles et modulables pour susciter le lieu, toujours le même.

 

La Lumière participe également à ce travail. Chacun des deux tableaux est bien sûr éclairé différemment avec toutefois des récurrences dans certains détails lumineux de l’espace scénique. 

 

La musique, elle, introduit chacun des 2 actes, aidant ainsi à installer l’ambiance dans laquelle les acteurs s’apprêtent à entrer.

Les costumes, en revanche, caractérisent pleinement les différents rôles des acteurs permettant ainsi sans changer de décor de déterminer le niveau social de la famille. 

 

En tous les cas, la vision de cette famille est pleine, dense, généreuse, joyeuse, lumineuse... Et propose de remettre les choses à une plus juste place : Être heureux ensemble parmi les autres... pour un hymne à la vie, au-delà de L’A… mour. 

 

Pour conclure, je me dois de préciser qu’il m’était évident que, pour ce spectacle sur la mise en abîme du bonheur en famille, mes meilleures partenaires, ne pouvaient être autres que les partenaires de ma vie, ma femme et mes deux filles. 

 

Thierry Sebban

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